Présentation


De ma rencontre avec Nicolas Hérubel à la Villa Médicis, il me reste l’image de ses « girouettes » en disques de plâtre placées au sommet du jardin recueillant pollens, embruns, odeurs diverses. Chacune d’elles soigneusement datée comme une mémoire de la ville.
À travers mes collages je ne fais peut-être rien d’autre qu’évoquer, comme lui, une ville, un sentiment, un pays ou encore un événement intime ou non. Beaucoup des œuvres présentées ici renferment des éléments collectés sur les lieux-mêmes. Après un travail de collecte, il convient pour moi d’assembler, de créer des proximités à la fois conceptuelles et plastiques.
Selon moi il s’agit essentiellement d’un travail sur la mémoire. Ainsi, le tableau intitulé « Cheminements » présente en fond le recensement de toutes les espèces végétales du jardin de mon amie Agnès Gomez ; le bâton entouré d’un ruban rose est une allusion à la forêt de Yakushima, au sud de l’archipel nippon où le chemin entre les arbres est ainsi balisé. La catastrophe récente du Japon a marqué une des séries présentées ici. Ainsi « Vies retrouvées » retrace la quête de photos dans les décombres de Sendaï.
D’autres pays où je me rends avec bonheur tels la Suède, l’Italie, les Etats-Unis sont présents par touches.
Certaines œuvres sont inscrites dans une perspective d’engagement.
« Dans la peau des livres » insiste sur la censure tout en évoquant mon amour pour les livres présents partout chez moi.
« Peut-on vraiment choisir ? » interroge sur l’abondance et les questions de consommation. "Delphine" pose clairement la question de la féminité ; question qui est d’ailleurs présente en filigrane dans bien d’autres tableaux encore…
Au fur et à mesure des contraintes diverses, mon travail s'est diversifié vers des propositions plus volumineuses, telles des boîtes, des structures de fil de fer, de fils assemblés, des montages-assemblages.

Hélène Héniquez